Les conditions de sécurité restent un enjeu majeur pour les voyageuses à travers le monde. Selon une analyse publiée par Riskline, 29 pays présentent actuellement un niveau de risque élevé pour les femmes en déplacement.
Cette question prend d’autant plus d’importance que les habitudes de voyage évoluent rapidement. Les déplacements en solo réalisés par des femmes ont progressé de plus de 60 % au cours des trois dernières années, représentant désormais 71 % des voyages individuels dans le monde. Dans le même temps, les préoccupations liées à la sécurité continuent de croître : la part des voyageuses exprimant une inquiétude quant à leur sûreté est passée de 64 % à 70 % en un an.
Ces tendances traduisent un paradoxe : les femmes voyagent davantage de manière autonome, mais restent confrontées à un environnement perçu comme plus risqué.
Des inégalités juridiques encore présentes
Au-delà des risques immédiats liés aux déplacements, les femmes peuvent aussi être confrontées à des contraintes légales ou sociales selon les destinations.
Le rapport “Women, Business and the Law” publié par la Banque mondiale indique que les femmes disposent en moyenne d’environ 77 % des droits légaux accordés aux hommes dans le monde. Ces écarts réglementaires peuvent influencer les conditions de voyage, notamment en matière de mobilité, d’accès aux services ou de protection juridique.
À ces inégalités s’ajoutent d’autres formes de risques signalées par les études internationales :
- harcèlement ou agressions à caractère sexuel
- intimidations dans les transports ou dans les espaces publics
- discriminations liées au genre
- différences de traitement juridique entre hommes et femmes
Dans certains pays, ces facteurs contribuent à renforcer la perception de vulnérabilité des voyageuses et nécessitent une vigilance accrue lors des déplacements.
29 pays identifiés comme les plus sensibles
La cartographie mondiale réalisée par Riskline met en évidence 29 destinations considérées comme particulièrement préoccupantes pour les femmes voyageant seules.
Amériques – Plusieurs pays du continent américain figurent dans cette catégorie :
- Brésil
- Mexique
- Haïti
- Honduras
Asie-Pacifique – Dans cette région, les pays identifiés comme présentant les niveaux de risque les plus élevés sont :
- Afghanistan
- Myanmar
- Papouasie-Nouvelle-Guinée
- Pakistan
- Timor oriental
Afrique subsaharienne – Une concentration importante de destinations à risque se situe en Afrique subsaharienne :
- Burundi
- République centrafricaine
- Congo-Brazzaville
- République démocratique du Congo
- Guinée
- Guinée-Bissau
- Libéria
- Nigeria
- Sierra Leone
Moyen-Orient et Afrique du Nord – Plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord complètent cette liste :
- Tchad
- Irak
- Mali
- Niger
- Syrie
- Somalie
- Soudan du Sud
- Soudan
- Libye
- Yémen
- Cisjordanie et Gaza
Dans ces zones, les experts recommandent une préparation renforcée et des mesures de sécurité spécifiques pour les voyageuses.
Des écarts importants selon les régions
À l’inverse, certaines destinations restent considérées comme particulièrement sûres pour les femmes en déplacement. C’est notamment le cas de la majorité des pays européens ainsi que de plusieurs économies développées :
- Canada
- Japon
- Nouvelle-Zélande
- Singapour
- Chine
- Corée du Sud
- Australie
Cependant, la situation peut varier fortement à l’intérieur d’un même pays.
Par exemple, au Brésil, certains États comme Bahia ou Pernambuco présentent des niveaux de risque supérieurs à la moyenne, tandis que Santa Catarina est considéré comme l’un des plus sûrs en 2025.
De manière générale, les zones les plus sensibles restent concentrées dans certaines régions d’Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient.
Les politiques de voyage d’affaires encore insuffisantes
La question de la sécurité des femmes concerne également les entreprises.
Une enquête menée par la Global Business Travel Association (GBTA) en octobre 2025 révèle que :
- 74 % des acheteurs de voyages d’affaires sont des femmes
- mais seulement 27 % des politiques de voyage d’entreprise abordent explicitement la sécurité des voyageuses
L’étude montre également que 62 % des responsables voyages estiment que les collaboratrices sont exposées à des risques plus élevés que leurs collègues masculins.
Concernant la représentation des femmes dans la conception des programmes de voyage :
- 55 % jugent leur participation suffisante
- 23 % estiment qu’elle ne l’est pas
- 23 % ne savent pas
Ces résultats soulignent un décalage entre la reconnaissance des risques et la mise en place de mesures concrètes dans les politiques de déplacement professionnel.
Quelles mesures pour mieux protéger les voyageuses ?
Plusieurs actions peuvent être mises en place par les entreprises pour renforcer la sécurité des collaboratrices en mission :
- privilégier des vols en journée et limiter les déplacements nocturnes en solitaire
- sélectionner des hébergements situés dans des zones sûres
- organiser des transferts sécurisés depuis les aéroports
- garantir un accès permanent à l’assistance et aux communications d’urgence
- fournir des briefings avant le départ sur les normes culturelles, sanitaires et sécuritaires locales
Ces dispositifs permettent de mieux anticiper les risques et d’accompagner l’évolution des pratiques de voyage, alors que les déplacements professionnels réalisés par des femmes continuent de progresser à l’échelle mondiale.